Troisième voyage, jour 72 : Ondulations de calme

La lente promenade en bateau sur le Mékong a comblé mes espérances, et même plus. Le calme du fleuve semblait refléter mon propre sentiment de recueillement aujourd'hui. Tandis que le bateau glissait, j'observais les paysages passer d'une végétation dense à de petits villages nichés le long des rives. Les montagnes au loin, adoucies par une légère brume, donnaient à l'ensemble une impression de tableau.
J'ai rencontré un batelier du coin, Sanya, dont le visage racontait les nombreuses années passées sur l'eau. Il m'a parlé de la façon dont le fleuve subvient aux besoins des habitants : pêche, transport, et même source de connexion spirituelle. Ses mains, usées par des années de navigation, faisaient partie intégrante du paysage, tout comme le fleuve lui-même. Nous n'avons pas beaucoup parlé, mais sa présence était apaisante.
J'ai passé le reste du voyage à esquisser de petites scènes : un pêcheur lançant son filet, le reflet des nuages sur l'eau et une simple maison laotienne au bord de la rivière. La journée semblait paisible, intemporelle même. En regagnant le rivage, je me suis senti plus léger, comme si le fleuve avait emporté une partie de mes soucis.